Quatre statistiques qui expliquent un match de basketball mieux que le score
Le score dit qui a gagné. Les indicateurs d'efficacité disent pourquoi.
Deux équipes peuvent terminer un match sur le même score en ayant joué de façon opposée : l'une a tiré beaucoup et mal, l'autre a peu tiré et bien. Le total de points ne permet pas de les distinguer. Les statistiques d'efficacité, elles, le permettent. Quatre d'entre elles, réunies par l'analyste Dean Oliver, résument l'essentiel de ce qui fait gagner une équipe.
Les quatre facteurs
- Efficacité au tir (eFG%).
- Pertes de balle (TOV%).
- Rebonds offensifs (ORB%).
- Taux de lancers francs (FTR).
Pourquoi le total de points trompe
Un match de basketball se joue en possessions : chaque équipe reçoit le ballon, tente de marquer, puis le rend. Le nombre de possessions par match, détaillé dans la page sur les statistiques de basketball, varie généralement entre 60 et 75. Une équipe qui joue vite dispose de plus de possessions, donc marque naturellement plus de points, sans être pour autant plus efficace.
C'est la raison pour laquelle les analystes préfèrent des statistiques rapportées à la possession ou au tir tenté. Ils comparent des équipes de rythmes différents sur une base commune. La durée de chaque possession dépend du chronomètre de 24 secondes, expliqué dans notre guide sur le règlement du basketball.
Le pourcentage de tirs efficace, eFG%
Le pourcentage de réussite classique met sur le même plan un tir à deux points et un tir à trois points. Le pourcentage efficace corrige ce défaut en donnant à chaque tir à trois points une valeur supplémentaire. La formule est simple : (paniers réussis + 0,5 × paniers à trois points réussis) divisé par les tirs tentés.
Un exemple chiffré, fictif, montre l'écart. L'équipe A réussit 22 tirs sur 50, dont 6 derrière l'arc : (22 + 3) divisé par 50 donne un eFG% de 50 %. L'équipe B réussit aussi 22 tirs sur 50, mais sans aucun tir à trois points : son eFG% est de 22 divisé par 50, soit 44 %. Le pourcentage de réussite est identique, l'efficacité offensive ne l'est pas.
Les pertes de balle et les rebonds offensifs
Une perte de balle est une possession qui se termine sans tir : une passe interceptée, un dribble volé, une violation de chronomètre. Le taux de pertes de balle rapporte ces événements au nombre de possessions. Plus il est bas, mieux l'équipe protège le ballon, et chaque possession gâchée est un tir en moins.
Le rebond offensif est le mouvement inverse : une équipe rate son tir, récupère le ballon et obtient une nouvelle possession. Le pourcentage de rebonds offensifs mesure la part des rebonds offensifs disponibles qu'une équipe attrape. Il valorise les joueurs de grande taille, mais aussi la discipline de placement. Une équipe qui rate beaucoup peut rester compétitive si elle capture régulièrement ses propres rebonds.
Le taux de lancers francs
Le quatrième facteur mesure la capacité d'une équipe à aller sur la ligne de lancers francs. Il se calcule en divisant les lancers francs tentés par les tirs tentés dans le jeu. Une équipe qui tente 15 lancers francs pour 50 tirs affiche un taux de 0,30.
Les lancers francs sont des points rares et peu risqués : personne ne défend le tireur. Ce taux récompense les équipes qui attaquent le cercle, provoquent les fautes et profitent du seuil de fautes d'équipe, décrit dans le guide sur le règlement du jeu. Il faut toutefois le lire avec le pourcentage réussi aux lancers : tenter beaucoup de lancers sans les convertir rapporte peu.
| Facteur | Ce qu'il mesure | Poids proposé |
|---|---|---|
| eFG% | Efficacité des tirs, trois points valorisés | 40 % |
| TOV% | Possessions perdues sans tir | 25 % |
| ORB% | Part des rebonds offensifs captés | 20 % |
| FTR | Lancers francs tentés par tir tenté | 15 % |
D'où viennent ces quatre facteurs
Dean Oliver a présenté ce cadre dans son livre Basketball on Paper, publié en 2004. Il y propose une pondération de départ, jugée approximative par son auteur : 40 % pour l'efficacité au tir, 25 % pour les pertes de balle, 20 % pour les rebonds offensifs et 15 % pour les lancers francs. Des sites d'analyse comme Cleaning the Glass publient ces indicateurs pour des ligues entières.
Cette pondération ne remplace pas la lecture du match. Elle indique plutôt où chercher : lorsqu'une équipe gagne un match malgré une mauvaise adresse, c'est presque toujours parce qu'elle a perdu moins de ballons ou pris plus de rebonds offensifs que son adversaire.
Les tableaux de chiffres servent aussi à décrire des styles : une équipe qui tire beaucoup à trois points et perd peu de ballons ne se lit pas comme une équipe qui joue près du cercle et vit de ses rebonds offensifs.
Les limites en sport universitaire
Ces indicateurs supposent des échantillons assez grands pour lisser les écarts. En sport universitaire, ce n'est pas toujours le cas : les effectifs se renouvellent vite, puisque la plupart des joueurs évoluent dans des programmes de deux ou trois ans, et les transferts entre établissements peuvent changer le visage d'une équipe d'une saison à l'autre. Un programme fort une année peut avoir très peu en commun avec l'effectif de la suivante.
La prudence est donc de mise pour les lectures faites sur quelques matchs. La structure du basketball de l'OCAA, en divisions régionales avec des matchs croisés, complique encore la comparaison entre équipes qui ne se rencontrent presque pas. Pour ceux qui s'intéressent aussi aux marchés de mise, notre parier depuis le Sénégal rappelle que la pratique est réservée aux majeurs, 18 ans, et doit relever d'un jeu responsable.
Questions fréquentes
Comment se calcule le pourcentage de tirs efficace ?
On additionne les paniers réussis et la moitié des paniers à trois points réussis, puis on divise par le nombre de tirs tentés.
Qui a proposé les quatre facteurs ?
Dean Oliver, dans son livre Basketball on Paper publié en 2004.
Combien de possessions compte un match de basketball ?
Entre 60 et 75 par équipe environ, selon le rythme de jeu et le règlement de la ligue.
Pourquoi le taux de lancers francs compte-t-il ?
Parce qu'un lancer franc est un point peu risqué et non défendu, et qu'une équipe qui va souvent sur la ligne gagne des points sans jouer une possession complète.